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The route, Nathalie et Alain Antognelli, Vito et la famille de Monopoli
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Vito et la famille de Monopoli

26 août 2016 Vito et la famille de Monopoli

«Allez-y, je reste ici et surveille vos affaires ».

Sacrifier une soirée, un dîner en famille pour que nous puissions en profiter. À lui seul ce geste présente Vito. Un homme attentif et généreux.

En retrait de la minuscule plage où nous venons de toucher terre, la maison de vacances qu’ils occupent en famille dans la région de Nardo, est un peu trop éloignée des kayaks et du campement pour que l’on puisse l’abandonner à la tombée de la nuit.

C’est donc sans Vito, mais avec Maura son épouse, Pierro, Magda, son fils et sa belle fille, Silvana et son petit fils Tito que nous passons la soirée.

«Simple cuisine familiale et ce ne sont que des restes» nous dit Maura. Mais quels restes ! Le vin vient d’un producteur tout proche et se boit comme du petit-lait.

22 h30, grisé par cet agréable moment, la richesse des échanges et la saveur du breuvage, nous quittons l’assemblée et allons relever Vito. Il est temps de nous glisser sous la toile. Nous le retrouvons tout sourire malgré les deux heures qu’il vient de passer seul au bord de la crique. Il nous dit avoir savouré le moment, contemplé la nuit, le ciel, les étoiles, apprécié son cigare et n’avoir manqué de rien. Il faut dire que suite à un grave problème de santé, il se trouve au régime forcé.

Après une courte nuit, nous le retrouvons à 7 heures, en compagnie de Maura, et Silvana. Tous sont venus nous saluer au point d’embarquement. Une dernière photo, les conseils de prudence et surtout une invitation pour que l’on ne manque pas de passer quelques jours chez eux avant de quitter l’Italie. Leur maison se situe sur les hauteurs de la ville de Monopoli, tout près de Brindisi et du ferry qui doit nous emmener sur la Grèce.

Face à autant de gentillesse, nous ne pouvons qu’accepter. «C’est promis, on se voit d’ici peu, si tout va bien dans moins de deux semaines. »

Et c’est comme cela que le 6 août, nous nous retrouvons dans l’Alfa Romeo de Vito qui nous mène sur ses terres. La grande demeure de type traditionnelle est entourée de centaines d’oliviers et d’autres arbres fruitiers. Au pied de la Bâtisse, une grande porte couleur émeraude devant laquelle trois chiens et quatre chats lèvent la tête vers les volets en bois entrouverts du premier étage, celle-là même depuis laquelle la maîtresse des lieux a pris l’habitude de les nourrir. C’est d’ailleurs de là qu’elle nous salue.

Ce soir, nous ne passerons pas la nuit sous la tente. Un deux-pièces indépendant tout équipé avec terrasse nous attend. Pas de locataire en ce moment, nous pouvons en disposer à notre guise. Le luxe ! Drôle de sensation que de se lever dans un lit et ne pas avoir à se dépêcher pour démonter le camp.

Tous les jours, le couple nous attends pour le déjeuner et le dîner et la cuisine respire toutes les saveurs de l’Italie. Omelette à la mente, gratinée de moules, spaghettis au pistou maison… Pour Vito c’est un peu la fête. Notre présence a quelque peu mis son régime entre parenthèses. Kayaks et matériel sont restés à la Lega Navale de Brindisi d’où nous prendrons dans quelques jours le ferry pour la Grèce.

Vito est insatiable. Son programme journalier relève des meilleurs tours opérators. Il est vrai qu’il y a une vingtaine d’années, il œuvrait au lancement et au développement touristique de la région des Pouilles. En cette fin de matinée, pour obtenir l’autorisation de faire des photos dans les célèbres grottes de Castellana, il n’hésite pas à se rendre en Mairie et nous présenter à Monsieur Francesco Tricase, le Maire de cette très belle ville aux maisons blanches, toutes pressées les une contre les autres et que coiffent une forêt d’antennes tv toutes plus hautes les unes que les autres.

Un autre jour, il nous entraîne sur Polignano A Mare, explorer la ville qui l’a vu grandir. Dans sa langue, que nous comprenons de mieux en mieux, il nous explique l’histoire de la cité.

Les jours passent. On se laisserait bien aller au farniente et à la lecture à l’ombre d’un olivier centenaire, mais notre hôte nous attend pour de nouvelles visites par une chaleur de 35° aux antipodes de celles de l’Arctique.

Le rythme est tel que nous ne parvenons pas à mettre le site à jour. Mille excuses à vous qui nous suivez. Difficile pour nous de vivre et de partager simultanément ce que nous vivons.

Notre famille d’accueil apprécie notre compagnie. Pour nous c’est sûr, le départ qui approche sera chargé d’émotion. C’est certainement la partie la plus dure de la Route. Aller à la rencontre des autres en sachant qu’il faudra prochainement les quitter, que la géographie dressera ces montagnes, ces déserts et ces océans pour retarder la prochaine visite.

Après le déjeuner, c’est l’heure des dernières photos au pied de la Bâtisse. Maura qui ne quitte habituellement jamais sa cuisine est descendue pour l’occasion et nous porte un bouquet de la lavande fraichement cueilli. Tito du haut de ses un an et quelques ne veut plus lâcher Nathalie. Pierro et Magda voyant notre sac Ikéa à bout de souffle nous l’échange contre le leur tout neuf. Pour nous la chose vaut de l’or. Vito, cigare aux lèvres et un sécateur à la main offre une rose à Nathalie avant de démarrer l’Alfa Romeo qui nous ramène sur le port Brindisi.

Les mains s’agitent.

Ce soir est un nouveau départ. Nous quittons des amis, une famille, un pays dans lequel nous nous sentions un peu chez nous.

Grazie Vito, Grazie a tutti, di sicuro ci rivedremo.

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